La motricité

Mis à jour : 31 mars 2020

Que ce soit dans les magasins de jouets, dans les magazines ou dans la littérature petite enfance, le mot motricité revient toujours. Et avec toute sorte d’adjectifs en prime: globale, libre, fine, voire même les trois en même temps!… on ne sait plus !


1. La minute pro'

L’enfant prend petit à petit le contrôle de ses mouvements. Pour faire simple, il y a deux catégories de mouvements:

- Les grands mouvements : motricité globale

- Les mouvements précis : sollicitation des petits muscles en particuliers ceux des doigts puis de la main = motricité fine


Comme pour l’intégralité du développement de l’enfant, l’acquisition d’un mouvement (global ou fin) dépend de deux points cruciaux :

- La maturation cérébrale (on y revient toujours)

- L’environnement (stimulations extérieures)


Chaque enfant se développe donc à sa manière et surtout en fonction de l'environnement dans lequel il vit. Attention, il est nécessaire de conserver une balance adaptée entre la maturation cérébrale de votre enfant et les stimulations environnantes. Point trop n'en faut!

Il est aussi préférable de privilégier au maximum la motricité libre pour que l'enfant puisse se développer à son rythme. Ce qui signifie:

- ne pas mettre l'enfant dans une position dont il ne peut pas se défaire seul. Par exemple en position assise. En effet s'il ne s’assoit pas c'est qu'il n'a pas encore acquis les compétences musculaires pour passer de la posture allongée à assise. Il doit ensuite apprendre à être stable mais aussi mobiliser des compétences psychiques (pour se mettre assis, l'enfant fait un mouvement de bascule, il doit accepter le déséquilibre et une nouvelle vision du monde. Il doit se faire confiance). Laissez donc votre enfant s’asseoir à son rythme.

- Eviter ce qui entrave son mouvement: transat, parc ... Il est donc nécessaire de sécuriser votre environnement en conséquence.

- Penser l'environnement pour correspondre au développement de votre enfant en laissant des jeux à disposition. Je vous détaille ce point dans la suite de l'article.


2. Quelques repères d'âges


Il n’y a pas de tableau véridique, chaque enfant se développe à son rythme. Toutefois voici un petit mémo très bien fait des principales acquisitions motrices de 0 à 2 ans. Ce tableau a été réalisé par Pampers, en collaboration avec la Société Française de Pédiatrie (société qui regroupe les pédiatres de toutes spécialités pour la promotion de la pédiatrie en France).

Concrètement:

  • Le nouveau-né : motricité réflexe (pas de contrôle), les sons, les odeurs, la lumière, les couleurs environnantes suffisent à stimuler votre tout-petit.

  • Vers 4 mois : bébé découvre sa main, les réflexes disparaissent petit à petit pour donner place à des mouvements réfléchis. Au départ la préhension des objets se fait au contact puis peu à peu devient volontaire. C'est le moment de varier les hochets légers (<20g), les textures (bois, acier, plastique, rugueuse, douce...), les formes... Ne proposez que deux ou trois jeux à la fois pour que l'enfant puisse prendre le temps d'observer chaque jouet sans être parasité par un autre. Cela stimule sa concentration et sa motricité fine.

Disques liés chez Oxybul

L'enfant passe ensuite un objet d’une main à l'autre. Le hochet disques liés est super pour ça!

  • - Vers 6 mois : bébé découvre ses pieds et utilise ses deux mains. C'est le passage du tout à la bouche! Il ne faut pas oublier qu'à cet âge, la bouche est un organe de plaisir et de découverte sensorielle. Freud appelait cette étape le stade oral. Donc, c'est parti pour la grande découverte!

- Vers 9 mois : acquisition de la pince pouce-index. L'enfant est alors capable de prendre de plus petits objets, sa préhension s'affine.


- Puis lâcher l’objet devient volontaire. Il est fréquent que les enfants jouent alors à jeter un objet pour ensuite attendre que vous le lui rapportiez. Même si cela peut paraître long, rapportez le lui. L'enfant comprend alors qu'un objet existe toujours même si il ne le voit plus, on appelle ça la permanence de l'objet. En le rapportant inlassablement, vous créez un environnement dit sécure à votre enfant favorable à son développement psychique.


- Viennent ensuite toutes les acquisitions dites de dextérité développées selon le propre rythme de l’enfant et ses intérêts. Appuyer sur des touches, encastrer, mettre dans l'ordre, tenir un crayon, découper... Toutes ces compétences se développent petit à petit. Par exemple, la latéralisation n'est mise en place que vers les 2/4 ans de l'enfant!


Sur les jeux ou objets destinés à l'éveil des enfants est souvent indiqué un âge préconisé. Cela peut être un repère. Malgré tout fiez vous plutôt aux acquisitions de votre enfant! C'est lui qui vous donne le tempo! En toute sécurité bien sûr, il ne s'agit pas de donner des petites perles à un petit de 7 mois qui met tout à la bouche ...

En parlant de tempo, les petits sont très sensibles à la musicalité des objets! N'hésitez pas à lui donner des petits instruments de musique, ou simplement une bouteille sensorielle avec du couscous dedans pour en faire une maracasse... Notre maison est remplie de jeux amusants et stimulants!


Dernier point sécurité: veillez bien à ce que vos jouets soient homologués norme CE (conformité européenne) qui nous assure que le jouet a été conçu et réalisé au regards des réglementations strictes en vigueur en Europe. Attention aux vieux jouets que nous avions petits, ou de nos parents. Les normes ont beaucoup évolué, notamment sur les plastiques et les composants chimiques.



3. En pratique

Mais comment favoriser ces acquisitions? Et bien, en fournissant un environnement propice avec la bonne dose de stimulation. Trop de stimulation ou la proposition d'une activité non adaptée peut mettre l'enfant en situation d’échec et donc freiner l'acquisition.


Quelques clefs :

  • Mettre à disposition des objets adaptés aux capacités spécifiques et à la période sensible de son enfant pour ne pas le mettre en situation d’échec. Je vous invite à lire l'article sur les périodes sensibles pour plus d'informations.

  • Varier les propositions: alterner entre activité de précision (livres à toucher, encastrement, transvasement, perles, tenir un crayon...) et activité "de force" (pétrissage, chariot à pousser, parcours moteur...).

  • Faire un roulement qui s'étale sur plusieurs semaines: pour acquérir une compétence, l’enfant a besoin de repères et de répétition. Nul besoin de changer les jeux tous les deux jours.

  • Valoriser ses efforts et ses progrès. Partager ce moment avec lui!



Conclusion


Les acquisitions autour de la motricité sont, comme toutes les autres, en lien direct avec l'environnement dans lequel baigne l'enfant. Il est important d'observer son enfant, d'analyser sa période sensible et de réfléchir sur ce que nous pouvons lui proposer. Et pour cela rien de mieux que de passer du temps avec lui! "Oui mais Flora, on a un boulot, le dîner à préparer, la machine à étendre..." Une activité avec votre enfant dure en moyenne 15 à 25 minutes et un environnement bien pensé vous assure que le reste du temps soit profitable à votre cher et tendre. Ça vaut le coup non?! D'ici peu, le dîner se transformera en atelier cuisine et la machine à étendre en course contre la montre!

Dites moi en commentaire où en est votre enfant dans ses acquisitions et les jeux que vous lui proposez!


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