Ovaires micropolykystiques

Mis à jour : 4 janv. 2020

Concevoir un enfant peut prendre du temps. Il est parfois nécessaire de faire des examens complémentaires pour comprendre ce qui se passe.

Si vous avez lu l'article sur le désir d'enfant, alors vous le savez mon mari et moi sommes passés par là. Après les prises de sang, l'échographie pelvienne est le prochain examen sur la liste.


1: L'échographie pelvienne c'est quoi?

Je parle ici de l'échographie pelvienne chez la femme. En effet les hommes peuvent aussi avoir recours à ce type d'examen, mais pas pour les mêmes raisons.

Cet examen est une imagerie médicale, par ultrasons, de la vessie, de l'utérus et des ovaires. Elle est prescrite pour diverses indications:

- rechercher les causes de douleurs pelviennes (du bassin)

- réaliser un bilan d'infertilité

- vérifier le bon positionnement d'un stérilet

- suivre des maladies chroniques ou non (endométriose, malformations diverses...)


Dans mon cas, l’échographie pelvienne m'a été prescrite pour un bilan d'infertilité (attention, infertilité ne veut pas dire stérilité!).


Mais avant de dire ce qu'on voit, revenons déjà sur comment ça se passe! Car moi aussi j'ai cherché des informations avant d'y aller, et je n'ai trouvé nulle part une explication claire de ce qui allait m'arriver.

Il faut déjà prendre rendez-vous, nous avions la chance d'habiter en région Parisienne, de ce fait nous avons pu avoir un rendez-vous facilement au CEDEF (centre européen de diagnotic et d'exploration de la femme). Comme pour tous les rendez-vous, Monsieur était venu avec moi. Nous avons été accueilli par le médecin qui a repris mon "historique gynécologique". Une fois ces présentations faites, nous étions prêts pour l'examen.

J'ai eu la chance de tomber sur un médecin soucieux du respect de la pudeur de ses patients, je ne peux que vous conseiller de trouver un médecin avec qui vous vous sentez à l'aise!


L'examen est ensuite très simple, vous êtes allongée, les jambes pliées. Le médecin insère ensuite une sonde dans le vagin qu'il oriente en fonction de ce qu'il veut voir : l'utérus de façon globale (positionnement, volume, mobilité, malformations), l'endomètre (muqueuse sur la paroi utérine), le myomètre et les ovaires (volume, aspect, taille, nombre de follicules).

C'est sûr, on préférerait franchement être ailleurs que sur cette table médicalisée les yeux rivés sur un écran. Mais bon, ce n'est pas douloureux, peut-être un peu désagréable mais rien de méchant. Pour vous donner une idée, c'est moins désagréable qu'un frottis. Bref vous avez les yeux rivés sur un écran qui semble faire tout le mur avec pour acteur principal ce qui est censé être le petit nid de notre futur nous. En réalité, sans explications du médecin, on ne voit pas grand chose...


Ovaires micropolykystiques

Après avoir pris des photos de tout ce petit monde, le médecin nous donne son diagnostic: ovaires micropolykystiques. Ça peut faire un peu peur ce mot, mais le médecin nous a rassuré en nous disant que c'était assez fréquent et que ça n'empêchait pas nécessairement de concevoir. Ce sera peut-être plus difficile, je vous explique pourquoi.


2: Les ovaires micropolykystiques

Présentation des ovaires "normaux": nous avons deux ovaires reliés à l'utérus par les trompes. Nous naissons (nous les femmes je précise), avec un cotas de follicules (environ 400000) pour toute notre vie. Alors non ça n'explique pas notre petite prise de poids sur la balance! Les follicules gardés au chaud dans les ovaires sont microscopiques! Un ovaire pèse 10g! A partir de la puberté, un follicule devient mature à chaque cycle (au 14ème jour pour un cycle de 28 jours). Une fois mature il migre dans la trompe à la recherche d'un spermatozoïde, c'est ce qu'on appelle l'ovulation. Si cet ovule n'est pas fécondé alors il se dégénère et sera éliminé en même temps que l’endomètre pendant les règles. S'il est fécondé il fera son petit nid dans l'utérus pendant environ 9 mois.


Mais voilà, ça se saurait si c'était si simple! Dans mon cas, et pour 1 femmes sur 10, l'échographie pelvienne montre des ovaires micropolykystiques. Le nom fait peur, ça n'a pourtant rien à voir avec des kystes. Pour faire simple, au lieu qu'un seul follicule ne devienne mature pour ensuite entreprendre son petit périple, à chaque cycle, plus de dix petits follicules se lancent à l’assaut de la maturité. Les troubles hormonaux induits par ce syndrome, ne permettent pas la maturation d'au moins l'un d'entre eux, ils s'accumulent alors dans les ovaires. De ce dérèglement est alors induit une perturbation du cycle menstruel qui dure plus de 35 jours. On comprend alors pourquoi ce syndrome peut entraîner une infertilité.


Comptage des follicules (le 1 a de très grande chance d'être la moitié de Joséphine)

Les signes les plus courants de ce syndrome sont:

- Le surpoids

- Aménorrhée (absence de règles)

- Cycles menstruels > 35 jours

- Hyperandrogénie (hyperpilosité, acné)


Comme pour toute pathologie il existe des degrés "d'atteinte". Ce syndrome ne vous rend pas stérile mais infertile. La stérilité est un état définitif alors que l’infertilité est temporaire. Il existe plusieurs marche à suivre en fonction des signes que vous manifestez. Chez les personnes atteintes de surpoids, un rééquilibrage alimentaire peut permettre au rouage hormonal de se remettre en ordre. Si les troubles persistent ou en l'absence de surpoids, une stimulation ovarienne peut-être proposée par voie médicamenteuse. Des échographies pelviennes sont alors effectuées régulièrement pour observer le développement des follicules et déterminer le moment propice à l'ovulation. Ce suivi médical peut vous être proposé par un centre de PMA (procréation médicalement assistée) ou par votre gynécologue. Si vous souhaitez plus d'informations, l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a mis en ligne un article sur cette thématique, voici le lien: ici.


En ce qui nous concerne, nous n'avons pas eu besoin d'avoir recours à un protocole de soin. En effet, ayant déjà relevé l'inégalité de mes cycles, j'effectuais déjà des tests d'ovulation depuis deux mois. Il se trouve que 14 jours après cet examen, j'apprenais que j'étais enceinte. Est-ce grâce aux tests d'ovulation? A la chance? Ou bien au soulagement d'être enfin prise en charge et écoutée? Nous ne le saurons jamais.

Conclusion


Vous l'avez compris, le diagnostic des ovaires micropolykystiques n'est pas une fin en soit. Comme pour toute pathologie il existe des stades et des symptômes associés. Un accompagnement peut parfois être nécessaire pour aider à la conception donc n'hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou gynécologue. Il n'y a pas de questions bêtes et on a parfois besoin de se sentir écoutée!

N'hésitez pas à partager vos expériences en commentaires!




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